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Interview des Petits Débrouillards Poitou-Charentes

Témoignage 01 janvier 2012 par L'équipe Solidatech
« Les technologies ont considérablement ouvert le champs des possibilités en matière d'éducation populaire. Les activités que nous animons sont rarement centrées sur l'outil en lui même mais bel et bien sur l'usage qui vient en renfort du sujet traité. Quelques fois nous sentons bien que l'adhésion du public serait moins évidente sans les outils appropriés.»

Bonjour les P'tits Déb, pouvez-vous tout d'abord nous présenter votre association?

Nous sommes l'une des 20 associations régionales de l'Assocation Française des Petits Débrouillards. L'objectif de l'association est de favoriser l'intérêt pour les sciences et les techniques auprès de tous, et plus particulièrement des enfants et adolescents. Concrètement on essaye d'apporter cette culture par des activités pratiques, de l'échange, du débat.. le tout en lien avec le quotidien.

 

Du fait de votre appartenance à un réseau national, est-ce que vous avez la même activité que vos collègues d'Aquitaine ou de Bretagne par exemple ?

Non pas vraiment. Disons qu'on se rejoint évidemment sur le fonds puisqu'il existe une charte, des méthodes, des choses qui fonctionnent bien et qu'on va dupliquer, mais on garde quand même une assez grande liberté dans les sujets qu'on aborde. Par exemple les Bretons sont beaucoup plus pointus que nous dans le domaine des TIC. Cela dépend évidemment des centres d'intérêt et des compétences des animateurs, mais aussi des liens qui peuvent être créés en local, notamment avec le secteur associatif.

 

Avec quelles associations travaillez-vous le plus souvent ?

Nous faisons partie de ce qu'on appelle le mouvement d'Education Populaire et nous sommes donc amenés à rencontrer et travailler avec les autres acteurs du secteur. Nous sommes adhérents du CNAJEP au niveau national et entretenons donc des liens privilégiés avec des structures comme les Centres Sociaux ou le réseau Information Jeunesse et c'est particulièrement le cas pour nous ici en Poitou-Charentes. Notre association régionale est également adhérente au Graine (éducation à l'environnement) et au CASI (coordination des associations de solidarité internationale) avec qui nous mettons en place des animations spécifiques.

 

On peut dire en gros que toute association peut se rapprocher de vous pour vous commander une "prestation d'animation" éventuellement faite sur-mesure ? Pouvez-vous donner des exemples d'initiatives spécifiques locales ou régionales ?

Du moment qu'elle s'inscrit dans la sens de notre démarche, oui on peut dire cela. Par exemple notre programme Cités Débrouillards est élaboré en partenariat avec des associations de quartier (MJC, FJT, Centres Sociaux...) et financé dans le cadre du CUCS. Son principe, "la science en bas de chez toi", consiste à mettre en place des animations au pied des immeubles pour aller directement à la rencontre de publics qui ne se déplace pas dans les locaux de ces associations, souvent inhibés pour différentes raisons.

 

Et dans le domaine des TIC, quelles sont les activités que vous proposez ?

Le Club des Hackers propose à des enfants de découvrir comment fonctionne un ordinateur et tout autre appareil électrique ou électronique, avec une méthode toujours centrée sur les expériences : on démonte l'appareil puis on retire un de ses composants, on voit ce qui ne fonctionne pas ou plus et on leur explique ensuite pourquoi. Cet atelier existe dans la plupart des associations de notre réseau. Un ordinateur éclaté réalisé dans le cadre du club des hackers en Bretagne On s'est aussi lancé dans les Treks TIC, en proposant un accompagnement aux animateurs de structures (centres de loisirs pour la plupart) dans la réalisation par les enfants d’itinéraires audio guidés, en lien avec le patrimoine historique, industriel ou naturel. Ils peuvent ensuite partager leurs balades patrimoniales en ligne sur le site trektic.org où chacun peut ainsi télécharger et refaire le même itinéraire ou bien le compléter avec de nouvelles informations.

 

Dans le cadre de vos ateliers, formez-vous les participants sur certains outils ?

Oui et non. On ne peut pas considérer qu'il s'agit de formation au sens strict car ce n'est pas l'objet de notre association. En dehors d'Audacity et Luciole, que nous utilisons pour les activités de montage audio et d'animation 3D, nos animations sont rarement centrées sur l'outil en lui-même mais bel et bien sur l'usage qui vient en renfort du sujet traité. La thématique constitue l'intérêt principal de l'activité, même si quelques fois nous sentons bien que l'adhésion du public serait moins évidente sans les outils appropriés. Le seul exemple d'activité où l'outil constitue la thématique concerne Facebook, mais nous y abordons plus largement les problématiques de sécurité des données ou d'e-réputation, à travers des jeux de rôles pour que les enfants comprennent mieux le fonctionnement des réseaux sociaux.

 

Et en ce qui concerne vos usages en interne ?

On a un site internet sous SPIP que nous utilisons pour relayer nos différentes animations. Comme notre démarche est centrée sur la pratique, on a décidé de faire pareil pour la création des contenus. Dans chaque groupe il y a toujours un reporter qui a pour mission de prendre des notes et des photos pour les diffuser ensuite sur le site. Après il y a toujours un peu de réécriture ou de mise en forme mais ça nous permet d'impliquer un peu plus encore les participants. Ensuite on utilise pas mal Skype et Jabber pour communiquer en interne et dans le réseau, mais aussi pour certaines activités. image du recueil d'expériencesL'année dernière pour le Forum Social mondial de Dakar, on avait monté des vidéoconférences en partenariat avec la CASI. Les participants pouvaient ainsi communiquer en direct avec 20 associations de solidarité internationale, réparties dans toute la région, qui avaient pu envoyer des correspondants sur place. Question échanges interculturels c'était vraiment une expérience génial ! > Voir le recueil de ces expériences sur le site Solidaires du Monde). Pour ce qui est du matériel, tous les permanents ont un ordinateur, portable si possible vu nos besoins de mobilité. L'association a aussi des caméras, des micros, des petits notebooks faciles à transporter, etc. Enfin on utilise beaucoup d'outils créés et gérés par l'Association nationale : forums, wikis, ferme de blogs, etc. Les Petits Débrouillards semblent n'avoir besoin de rien questions TIC !

 

Est-ce que le programme ou les Ateliers du Bocage pourraient vous apporter quelque chose ?

On va certainement continuer d'avoir besoin de matériel pour le Club des Hackers mais aussi pour notre propre utilisation. Question logiciel nous sommes plutôt orientés logiciels libres mais je pense qu'on va relayer l'information dans nos réseaux car il y a beaucoup d'associations qui seraient intéressées par les conditions que vous proposez. Ce qui attire plutôt notre attention aux Petits Débrouillards Poitou-Charentes, c'est le fait qu'il puisse exister dans la région, une structure telle que les ADB. On a développé un atelier autour de la sensibilisation aux D3E* et c'est vrai qu'on avait pas d'exemple à donner de solutions qui existaient pour enrayer cette problématique, ou en tout cas on ne savait pas forcément lesquelles mettre en avant. Maintenant qu'on vous connaît et qu'on voit tout ce qu'il est possible de faire à partir de ces équipements, on va certainement parler de vous pour apporter plus de concret à l'atelier, notamment en nous appuyant sur le programme Clic Vert que vous développer en Afrique. Merci Les P'tits Déb pour cet échange et merci pour tous ces compliments ! On espère pouvoir approfondir notre relation à travers un partenariat sur cette question de sensibilisation Propos de Pierre Toutan et Anne Dannhoffer, Coordinateur d'activités et Coordinatrice départementale de l'antenne du département de la Vienne, recueillis par Vincent Blanchard, ancien responsable du programmeSolidatech, en janvier 2012. * D3E: Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques. NB : depuis cette interview, les P'tits Déb ont mis en pratique leur idée en réalisant une animation au Lycée Genevois-Signoret à Bressuire, au cours de laquelle ils ont accordé une place importante aux Ateliers du Bocage (dont le siège se situe à quelques kilomètres du lycée). D'autres projets de collaboration sont en cours d'élaboration, avec le renfort du CRIJ Poitou-Charentes, pour sensibiliser les plus jeunes au recyclage et au réemploi d'un objet qu'ils connaissent bien : le téléphone portable.

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